- Pourquoi les CGV sont essentielles pour un freelance
- Ce que la loi impose dans vos CGV
- Clause n°1 : les délais de paiement
- Clause n°2 : les pénalités de retard
- Clause n°3 : l'indemnité forfaitaire de recouvrement
- Clause n°4 : la réserve de propriété
- Clause n°5 : l'acompte
- Les autres clauses recommandées
- Comment rédiger et publier ses CGV
- Faire accepter ses CGV par le client
- Quand les CGV ne suffisent pas
1. Pourquoi les CGV sont essentielles pour un freelance
Les conditions générales de vente sont le socle juridique de toute relation commerciale. Pour un freelance, elles représentent bien plus qu'une formalité administrative : elles constituent votre première ligne de défense contre les retards de paiement et les litiges.
Sans CGV, vous êtes vulnérable sur plusieurs plans :
- Aucun cadre de paiement clair — le client peut invoquer l'absence de délai convenu pour justifier un retard
- Impossibilité de réclamer des pénalités — sans taux de pénalité mentionné, vous ne pouvez pas appliquer vos propres conditions
- Position affaiblie en cas de litige — le juge appliquera les dispositions supplétives du Code de commerce, qui ne sont pas toujours en votre faveur
- Absence de protection sur la propriété intellectuelle — vos livrables peuvent être utilisés sans que le paiement soit conditionné
Pourtant, la majorité des freelances en France travaillent sans CGV, ou avec des conditions copiées d'internet qui ne sont pas adaptées à leur activité. C'est l'une des raisons pour lesquelles le recouvrement est si difficile quand un client ne paie pas.
2. Ce que la loi impose dans vos CGV
En France, les CGV entre professionnels sont encadrées par le Code de commerce (articles L441-1 et suivants). Certaines mentions sont rendues obligatoires par la loi, d'autres sont fortement recommandées pour votre protection.
Les mentions légales obligatoires
L'article L441-1 du Code de commerce impose que les CGV communiquées entre professionnels contiennent au minimum :
- Les conditions de vente (nature de la prestation, périmètre, livrables)
- Le barème des prix ou les modalités de fixation du prix
- Les conditions de règlement (délais de paiement, moyens de paiement acceptés)
- Les pénalités de retard applicables en cas de paiement tardif
- L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros
- Les conditions d'escompte en cas de paiement anticipé (le cas échéant)
L'article L441-1 du Code de commerce impose de communiquer ses CGV à tout acheteur professionnel qui en fait la demande. Le non-respect de cette obligation est passible d'une amende de 15 000 euros pour une personne physique et de 75 000 euros pour une personne morale.
3. Clause n°1 : les délais de paiement
La clause relative aux délais de paiement est la plus importante de vos CGV. C'est elle qui détermine à partir de quand un paiement est considéré comme en retard, et donc à partir de quand les pénalités commencent à courir.
Ce que dit la loi
Le Code de commerce fixe un cadre strict :
| Option | Délai | Remarque |
|---|---|---|
| Délai par défaut (sans mention) | 30 jours après réception des marchandises ou exécution de la prestation | Art. L441-10 C. com. |
| Délai contractuel classique | 60 jours maximum à compter de la facturation | Le plus courant entre professionnels |
| Délai dérogatoire "fin de mois" | 45 jours fin de mois | À mentionner explicitement |
Comment la rédiger
Soyez le plus précis possible. Évitez les formulations vagues. Voici les éléments à inclure dans votre clause :
- Le délai exact en jours (30 jours est le plus protecteur pour le freelance)
- Le point de départ du délai (date de facturation, date de réception, date de livraison)
- Les moyens de paiement acceptés (virement, chèque, CB)
- Les conditions d'escompte éventuelles en cas de paiement anticipé
4. Clause n°2 : les pénalités de retard
La mention des pénalités de retard dans vos CGV est obligatoire (article L441-10 du Code de commerce). Son absence vous expose à une amende administrative et affaiblit considérablement votre position en cas de recouvrement.
Le taux à appliquer
Vous avez le choix entre plusieurs options :
- Taux légal par défaut — taux directeur de la BCE majoré de 10 points de pourcentage (environ 14,25% en 2026)
- 3 fois le taux d'intérêt légal — c'est le minimum légal si vous ne fixez pas de taux dans vos CGV (environ 11,5% en 2026)
- Taux contractuel — vous pouvez fixer un taux supérieur au minimum légal (à condition qu'il ne soit pas abusif)
La formule de calcul
Les pénalités se calculent jour par jour, à compter du lendemain de la date d'échéance, selon la formule :
Montant HT de la facture x taux de pénalité x (nombre de jours de retard / 365)
Exemple : facture de 2 000 euros HT, taux de 11,5%, retard de 45 jours :
2 000 x 11,5% x (45/365) = 28,36 euros
Modèle de clause pénalités
5. Clause n°3 : l'indemnité forfaitaire de recouvrement
L'indemnité forfaitaire de 40 euros est due de plein droit par le débiteur professionnel en retard de paiement. Elle est prévue par l'article D441-5 du Code de commerce et doit obligatoirement figurer dans vos CGV.
Les règles à connaître
- Elle est due par facture en retard, pas par créancier ni par mois
- Elle est exigible sans mise en demeure préalable, dès le premier jour de retard
- Elle s'ajoute aux pénalités de retard (elles ne se substituent pas l'une à l'autre)
- Si les frais de recouvrement réels dépassent 40 euros, vous pouvez réclamer une indemnisation complémentaire sur justificatifs
En pratique, la mention de l'indemnité forfaitaire de 40 euros dans vos relances a un effet dissuasif important. Elle montre au débiteur que vous connaissez vos droits et que le coût du retard ne fait qu'augmenter.
L'indemnité de 40 euros est un minimum forfaitaire. L'article D441-5 précise que lorsque les frais de recouvrement exposés sont supérieurs à ce montant, le créancier peut demander une indemnisation complémentaire sur justificatifs (frais d'huissier, d'avocat, de société de recouvrement).
6. Clause n°4 : la réserve de propriété
La clause de réserve de propriété est un outil de protection puissant, trop souvent négligé par les freelances. Elle stipule que les livrables (maquettes, code, textes, visuels) restent votre propriété jusqu'au paiement complet de la facture.
Pourquoi c'est essentiel pour un freelance
Sans clause de réserve de propriété, votre client peut utiliser vos livrables immédiatement, même s'il ne vous a pas encore payé. Si le paiement n'arrive jamais, vous avez perdu à la fois votre travail et votre rémunération.
Avec une clause de réserve de propriété bien rédigée :
- Vous conservez la propriété intellectuelle de vos livrables jusqu'au paiement intégral
- Le client n'a qu'un droit d'usage limité tant que la facture n'est pas réglée
- En cas de non-paiement, vous pouvez exiger la restitution de vos livrables ou interdire leur utilisation
- Vous disposez d'un levier de négociation concret pour accélérer le paiement
Comment la rédiger
7. Clause n°5 : l'acompte
L'acompte est votre meilleur allié contre les impayés. En exigeant un versement initial avant de commencer à travailler, vous réduisez considérablement le risque financier et vous filtrez les clients qui n'ont pas l'intention de payer.
Quel pourcentage demander
| Type de projet | Acompte recommandé | Justification |
|---|---|---|
| Mission courte (moins d'une semaine) | 50% | Couvre la majorité du travail |
| Mission moyenne (1 à 4 semaines) | 30 à 40% | Sécurise le démarrage |
| Mission longue (plus d'un mois) | 20 à 30% | Avec jalons intermédiaires |
| Nouveau client (première collaboration) | 50% | Aucun historique de confiance |
Comment la rédiger
Votre clause d'acompte doit préciser :
- Le pourcentage ou le montant de l'acompte
- Le moment où il est exigible (avant le début de la prestation)
- La conséquence du non-versement (la prestation ne démarre pas)
- Les conditions de remboursement éventuelles (en cas d'annulation par le client)
8. Les autres clauses recommandées
Au-delà des cinq clauses essentielles, plusieurs clauses complémentaires renforcent significativement votre protection.
Clause de résiliation pour non-paiement
Prévoyez la possibilité de suspendre ou résilier la prestation en cas de non-paiement d'une échéance. Cela vous évite de continuer à travailler pour un client qui ne paie pas ses factures précédentes.
Clause limitative de responsabilité
Plafonnez votre responsabilité au montant total de la prestation facturée. Sans cette clause, un client pourrait théoriquement réclamer des dommages et intérêts disproportionnés par rapport au montant de votre facture.
Clause de juridiction compétente
Désignez le tribunal compétent en cas de litige. Pour un freelance, il est préférable de choisir le tribunal de votre propre domicile ou siège social, ce qui vous évite de devoir plaider dans une ville éloignée.
Clause de propriété intellectuelle
Précisez les conditions de cession des droits sur vos livrables. Distinguez clairement le droit d'utilisation (accordé au client) et la propriété intellectuelle (qui peut rester la vôtre ou être cédée selon les termes du contrat).
Clause de confidentialité
Engagez-vous mutuellement à la confidentialité des informations échangées dans le cadre de la mission. Cela rassure le client et vous protège en cas de divulgation non autorisée.
9. Comment rédiger et publier ses CGV
Des CGV mal rédigées ou mal diffusées n'ont aucune valeur. Voici les bonnes pratiques pour qu'elles soient réellement efficaces.
Les formats possibles
Document PDF séparé
Le plus professionnel. Envoyé en pièce jointe avec chaque devis. Numéroté et daté pour le versioning.
Page web sur votre site
Accessible en permanence. Lien vers la page inclus dans vos devis et factures. Facile à mettre à jour.
Au dos du devis
Solution simple pour les freelances sans site web. Imprimées au verso du devis ou sur une page supplémentaire.
Annexe au contrat
Intégrées directement dans le contrat de prestation. Signées en même temps que le contrat.
Les erreurs courantes à éviter
- Copier les CGV d'un autre freelance — chaque activité a ses spécificités. Des CGV de développeur ne conviennent pas à un graphiste.
- Utiliser un jargon juridique incompréhensible — vos CGV doivent être claires pour votre client. Un texte que personne ne comprend ne protège personne.
- Ne jamais les mettre à jour — les CGV doivent évoluer avec votre activité, vos tarifs et la réglementation. Révisez-les au moins une fois par an.
- Oublier de les communiquer — des CGV qui restent dans un tiroir ne valent rien. Elles doivent être transmises et acceptées avant la prestation.
10. Faire accepter ses CGV par le client
La communication des CGV ne suffit pas. Pour qu'elles soient opposables, le client doit les avoir acceptées de manière non équivoque avant le début de la prestation.
Les modes d'acceptation valables
- Signature du devis — avec mention "Bon pour accord. Le client déclare avoir pris connaissance des CGV annexées et les accepter sans réserve." C'est la méthode la plus sûre.
- Bon de commande — comportant la mention d'acceptation des CGV et un lien ou une référence vers le document.
- Email de confirmation — le client confirme par écrit avoir reçu et accepté les CGV. Conservez précieusement cet email.
- Case à cocher en ligne — si vous utilisez un outil de devis en ligne, une case "J'accepte les CGV" cochée par le client constitue une preuve d'acceptation.
Ce qui ne vaut pas acceptation
- Envoyer les CGV sans demander d'accord — la simple réception ne vaut pas acceptation
- Mentionner "CGV disponibles sur demande" — le client n'a pas à les chercher, vous devez les communiquer
- Ajouter les CGV après la signature du contrat — l'acceptation doit être antérieure ou concomitante à la conclusion du contrat
En cas de litige, c'est au créancier de prouver que les CGV ont été acceptées par le client. Conservez systématiquement les devis signés, les emails de confirmation et les bons de commande. Un dossier bien documenté fait la différence devant un juge.
11. Quand les CGV ne suffisent pas
Des CGV solides réduisent considérablement le risque d'impayé, mais elles ne l'éliminent pas complètement. Certains clients paient en retard malgré des conditions claires. C'est là qu'intervient le processus de relance amiable.
Vos CGV vous donnent les armes juridiques. Le recouvrement amiable, c'est la méthode pour les utiliser. Concrètement :
- Vos CGV fixent le délai de paiement — la relance se déclenche dès qu'il est dépassé
- Vos CGV définissent le taux de pénalité — la relance le rappelle et le chiffre
- Vos CGV mentionnent l'indemnité forfaitaire — la relance l'ajoute au montant réclamé
- Vos CGV prévoient la réserve de propriété — la mise en demeure la mentionne comme levier
RECOV fait le lien entre vos CGV et l'action concrète. L'outil génère automatiquement une séquence de 8 relances progressives qui mobilisent chaque clause de vos CGV au bon moment : pénalités dès la première relance ferme, indemnité forfaitaire dans les suivantes, référence à la réserve de propriété dans la mise en demeure.
Le résultat : vos CGV ne restent plus de simples clauses théoriques. Elles deviennent un levier de recouvrement actionnable à chaque étape de la relance.
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