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IFR 40 € et intérêts de retard : guide de relance pour cabinets

Conseils ·6 min de lecture

En brefIFR 40 €, intérêts de retard, délai de paiement : ce qu'un cabinet doit savoir avant de relancer ses clients TPE en France.

IFR 40 € et intérêts de retard : ce qu'un cabinet doit savoir avant de relancer

Lorsqu'un client TPE dépasse le délai de paiement convenu, deux mécanismes légaux entrent souvent en jeu : l'indemnité forfaitaire de recouvrement (IFR) et les intérêts de retard. Pour un cabinet comptable, une secrétaire indépendante ou un office manager qui gère la relance amiable sur plusieurs clients, comprendre ces deux leviers est essentiel avant de relancer. Ils conditionnent la légalité de la relance, son efficacité et les montants que le débiteur devra finalement honorer.

L'IFR de 40 € : un droit automatique du créancier

Qu'est-ce que l'indemnité forfaitaire de recouvrement ?

L'indemnité forfaitaire de recouvrement, communément appelée IFR, est un mécanisme créé par la loi du 18 juin 2014 relative à l'économie sociale et solidaire, puis renforcé par la loi 2020-1508 du 3 décembre 2020 (loi AGEC). Elle s'applique automatiquement à toute facture impayée à la date d'échéance entre deux professionnels en France, qu'ils soient entreprises, artisans, commerçants ou professions libérales.

Selon l'article L441-10 du Code de commerce, dès que le délai de paiement convenu (ou 30 jours nets après la date de la facture en l'absence de clause spécifique) est dépassé, le créancier a le droit d'exiger du débiteur une indemnité forfaitaire de 40 € pour couvrir les frais administratifs et de recouvrement.

Comment la mentionner dans la relance ?

Cette indemnité n'est pas un cadeau ou une pénalité punitive : c'est un droit légal. Lors de la première relance amiable, mentionner l'IFR de 40 € renforce le sérieux de la démarche et aide souvent le débiteur à comprendre que le retard a un coût réel. Exemple de formulation :

"Conformément à l'article L441-10 du Code de commerce, une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € s'ajoute au montant de la facture impayée."

Attention : l'IFR de 40 € n'est exigible qu'une seule fois par facture, même en cas de relances multiples. Il n'est pas cumulable pour chaque rappel envoyé.

Les intérêts de retard : un calcul évolutif selon le délai

Taux légal et conditions d'application

Au-delà de l'IFR forfaitaire, le créancier peut demander des intérêts de retard sur le montant principal. Ces intérêts courent à partir du jour suivant la date convenue de paiement. Le taux applicable est fixé par les articles D441-5 du Code de commerce et L441-3 du même code.

Le taux légal des intérêts de retard est révisé tous les semestres (1er janvier et 1er juillet) et se compose de :

À titre d'exemple, pour le 1er semestre 2025, le taux est fixé à 9,05 % (taux ECB de 1,05 % + 8 %). Ce taux s'applique à tous les contrats B2B concernés, sauf mention d'un taux différent et plus favorable au créancier dans la facture ou le contrat.

Délai de paiement et intérêts : l'importance de la clarté contractuelle

Un point stratégique pour tout cabinet : plus le délai de paiement est court et explicite sur la facture, plus facile sera la relance amiable et plus justifiée l'application des intérêts. La loi LME (Loi de Modernisation de l'Économie) du 4 août 2008 impose que le délai de paiement ne dépasse pas 60 jours nets en B2B, sauf accord écrit spécifique.

Exemple concret :

Les pièges à éviter lors de la relance

Confondre IFR et clause pénale

Certains cabinets ajoutent une clause pénale contractuelle en sus de l'IFR légale. C'est légalement possible, mais à condition que cette clause soit justifiée et non punitive. En pratique, mentionner l'IFR légale de 40 € suffit et simplifie la relance.

Négliger les justificatifs

Lors d'une relance amiable, avoir à disposition la copie de la facture, le contrat (ou ses conditions générales) et la correspondance antérieure rend la relance plus crédible. Un cabinet bien organisé conserve ces documents de manière centralisée, associés à chaque client et chaque facture impayée.

Cumul d'IFR non justifié

L'IFR de 40 € est unique par facture impayée. Si un client doit trois factures impayées, on peut réclamer 3 × 40 € = 120 €. En revanche, relancer deux fois la même facture ne double pas l'IFR.

Structurer la relance amiable : calendrier et degrés

Premier degré : relance bienveillante

Envoyée environ une semaine après la date d'échéance, elle ne mentionne pas systématiquement l'IFR mais rappelle simplement l'impayé et le délai dépassé. Ton professionnel, pas agressif.

Deuxième degré : relance formelle avec frais

Si silence après 7 à 10 jours, envoyer une deuxième relance formelle mentionnant explicitement l'IFR de 40 € et les intérêts accumulés. Cette relance doit être documentée (courrier recommandé ou courriel tracé).

Troisième degré : mise en demeure

Après 14 à 21 jours supplémentaires, une mise en demeure précise le montant total (capital + IFR + intérêts) et donne un délai final (généralement 8 jours) avant action judiciaire ou recours à un tiers (contentieux, affacturage, etc.).

Suivre et documenter : la clé de l'efficacité

Pour un cabinet qui gère plusieurs clients TPE, suivre les relances est critique. Chaque action doit être datée, conservée et liée au dossier client. Cela permet de :

Un calendrier clair par client et par facture impayée est indispensable pour maintenir la discipline de relance et respecter les délais légaux.

RECOVMAX : structurer la relance amiable multi-clients

Pour les cabinets comptables, secrétaires indépendantes, office managers et DAF externalisés qui pilotent un portefeuille de relance sur plusieurs TPE, la gestion manuelle des IFR et intérêts présente des risques : oublis de relances, dates mal enregistrées, calculs d'intérêts erronés. RECOVMAX offre un environnement dédié à la relance amiable post-facturation. Depuis un unique cockpit, il est possible de centraliser toutes les factures impayées, de programmer les relances à la bonne date, de suivre l'historique de chaque dossier et de générer les documents formels. Chaque client débiteur voit son cabinet dans sa communication, jamais la plateforme. Outil conçu pour structurer et simplifier le travail de relance sur portefeuille, sans se substituer à la facturation ou à la comptabilité.